Kohei Horikoshi ne revient pas avec un nouveau My Hero Academia, et c’est justement ce qui rend ce one-shot aussi intrigant : l’auteur tente le registre horrifique dans le Weekly Shonen Jump.
Après la fin de My Hero Academia, beaucoup attendaient le prochain mouvement de Kohei Horikoshi. Une suite directe ? Un spin-off ? Une pause plus longue ? Le mangaka choisit une option plus courte, mais franchement intéressante : un one-shot publié dans le Weekly Shonen Jump.
Son titre : Don’t Laugh, Shijima-san, ou 「笑わないでよ しじまさん」 en japonais. Le détail qui accroche vraiment, c’est le genre annoncé : boy-meets-girl horror. Pas le terrain le plus évident pour l’auteur que le grand public associe surtout aux héros, aux alters et aux combats de classe 1-A.
Et c’est là que ça devient intéressant. Un one-shot, chez un auteur aussi identifié, n’est pas seulement un petit bonus entre deux grandes séries. C’est souvent un laboratoire. Un endroit où le mangaka peut tester une ambiance, un rythme, une idée de personnage, sans porter tout le poids d’une prépublication longue.
Don’t Laugh, Shijima-san : le retour court mais très surveillé d’Horikoshi
Kohei Horikoshi revient donc dans les pages du Weekly Shonen Jump avec Don’t Laugh, Shijima-san. Le format one-shot compte beaucoup ici. Il ne s’agit pas d’annoncer une nouvelle série longue, ni de promettre un nouvel univers au même poids que My Hero Academia.
Le one-shot porte un titre assez mystérieux : « Ne ris pas, Shijima-san ». Même sans résumé détaillé de l’intrigue, cette formulation installe déjà une tension. Il y a un prénom, une injonction, et quelque chose d’un peu inconfortable dans cette idée de rire qu’il faudrait retenir.
Le genre présenté, boy-meets-girl horror, ajoute une couche. On part d’une mécanique presque classique, la rencontre entre un garçon et une fille, mais elle est tordue vers l’horreur. Pour Horikoshi, connu mondialement pour un shonen super-héroïque très énergique, ce déplacement attire forcément l’œil.
Cas concret pour un lecteur : si vous ouvrez le Jump en espérant retrouver le geste spectaculaire d’Horikoshi, les poses héroïques et les explosions de pouvoir, ce one-shot pourrait surprendre. Le plaisir ne sera peut-être pas dans le grand combat, mais dans une ambiance plus courte, plus étrange, plus resserrée autour d’une rencontre qui tourne mal.
Après My Hero Academia, le choix de l’horreur change le regard
My Hero Academia s’est terminé en août 2024, après 10 ans de publication dans le Weekly Shonen Jump. La série s’est achevée avec 42 tomes, en plus d’une adaptation anime devenue l’un des gros repères shonen de ces dernières années.
Ce contexte pèse lourd. Quand un auteur sort d’un succès pareil, chaque nouveau dessin est scruté. Les fans veulent savoir s’il va prolonger son ancienne formule, s’en éloigner doucement, ou casser franchement l’image qu’on s’est faite de lui.
Ici, le choix du one-shot horrifique ressemble à une vraie respiration créative. Pas une rupture définitive, attention. On ne sait pas si Horikoshi prépare une nouvelle série, ni si Don’t Laugh, Shijima-san annonce une direction durable. Mais pour un premier retour après la fin de My Hero Academia, le signal est clair : il ne revient pas en pilote automatique.
C’est un détail, mais il compte : le registre horrifique peut permettre à Horikoshi de remettre au centre ce qu’un grand shonen long dilue parfois avec le temps. Une page qui dérange. Un visage qui met mal à l’aise. Un silence. Une scène courte qui repose plus sur la tension que sur la montée en puissance.
Le mot boy-meets-girl donne aussi une piste de lecture. On n’est pas seulement sur une horreur frontale. Le point de départ semble passer par une rencontre, peut-être par une relation, un malaise social, une attirance ou une gêne. Exactement le type de format où un one-shot peut frapper vite, sans avoir besoin de construire 40 chapitres de contexte.
Un signal fort côté lecteurs japonais
L’annonce a déjà récolté 421 étoiles sur Comic Natalie. Ce n’est pas une mesure mondiale, ni une garantie de qualité, mais pour une actualité manga japonaise, c’est un vrai signal d’intérêt. Les lecteurs ont repéré le retour d’Horikoshi, et ils réagissent.
La raison est assez simple : My Hero Academia a laissé une empreinte énorme. Même ceux qui ont décroché en cours de route savent ce que représente Horikoshi dans le Jump moderne. Le voir revenir avec une histoire courte, et pas avec une annonce trop attendue, crée forcément de la curiosité.
Pour Manganime, c’est aussi le genre d’annonce qui mérite plus qu’une simple ligne de news. Parce qu’elle pose une question de fond : que fait un auteur après avoir porté un blockbuster shonen pendant dix ans ? Certains repartent sur une mécanique proche. D’autres changent de ton. Horikoshi, lui, teste ici un terrain plus étrange, plus intime, potentiellement plus risqué.
Il ne faut pas sur-vendre le projet pour autant. Aucun détail disponible ne permet d’annoncer une série complète, une adaptation anime ou une sortie française. À ce stade, Don’t Laugh, Shijima-san reste un one-shot du Weekly Shonen Jump. Mais le simple choix du genre suffit à rendre ce retour beaucoup moins prévisible que prévu.
Et c’est peut-être ce qu’on pouvait espérer de mieux après My Hero Academia : pas forcément un nouveau phénomène immédiat, mais un auteur qui reprend la parole avec une idée courte, bizarre, et assez différente pour donner envie de tourner la page.
Source : Comic Natalie




