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Disparu en 2024 à 68 ans, Akira Toriyama a été intronisé au Hall of Fame des Eisner, les « Oscars de la BD », ce 24 juillet

Akira Toriyama entre au Eisner Hall of Fame à titre posthume, et l’hommage a forcément une résonance particulière pour tous ceux qui ont découvert le manga avec Dragon Ball. Le créateur de Dragon Ball…

RubriqueActualités AnimePublié25 juillet 2026
Disparu en 2024 à 68 ans, Akira Toriyama a été intronisé au Hall of Fame des Eisner, les « Oscars de la BD », ce 24 juillet

Akira Toriyama entre au Eisner Hall of Fame à titre posthume, et l’hommage a forcément une résonance particulière pour tous ceux qui ont découvert le manga avec Dragon Ball.

Le créateur de Dragon Ball et Dr. Slump, disparu le 1er mars 2024 à l’âge de 68 ans, a été intronisé le 24 juillet 2026 au Hall of Fame des Eisner, aux États-Unis, lors de la 38e cérémonie des Will Eisner Comic Industry Awards.

Akira Toriyama en 1982
Akira Toriyama en 1982 © Akira Toriyama

La nuance compte : Toriyama n’a pas remporté un prix compétitif classique cette année-là. Il a rejoint le Hall of Fame, la partie des Eisner qui distingue des carrières entières, celles qui ont laissé une trace durable dans la bande dessinée. Et dans son cas, difficile de parler d’une simple trace.

Akira Toriyama rejoint le Hall of Fame des Eisner, deux ans après sa disparition

Cette reconnaissance arrive dans une annee ou l heritage de Toriyama continue de vibrer : Dragon Ball reste plus vivant que jamais, porte par des successeurs qui prolongent son univers.

L’intronisation arrive un peu plus de deux ans après la mort d’Akira Toriyama. L’auteur japonais, né en 1955, s’est éteint le 1er mars 2024. Il avait 68 ans.

Pour les lecteurs de manga, son nom n’a jamais vraiment quitté l’actualité culturelle. Dragon Ball continue de circuler d’une génération à l’autre, les adaptations animées restent des portes d’entrée massives, et son trait reste immédiatement reconnaissable : silhouettes simples, énergie lisible, humour visuel, personnages qui tiennent en une pose.

Son Goku illustré par Akira Toriyama dans le manga Dragon Ball
Son Goku, le personnage le plus emblématique créé par Akira Toriyama © Akira Toriyama/Shueisha

Le voir entrer au Hall of Fame des Eisner donne donc une forme de validation américaine à une évidence déjà installée chez les fans. Toriyama n’est pas seulement une figure japonaise culte. Il fait partie des auteurs qui ont changé la manière dont la bande dessinée mondiale se lit, se vend et se transmet.

Et c’est là que ça devient intéressant : cette reconnaissance ne passe pas par un trophée lié à une œuvre précise ou à une sortie récente. Elle salue une carrière complète. Un parcours qui va de l’humour absurde de Dr. Slump à l’ampleur planétaire de Dragon Ball, avec un détour majeur par le jeu vidéo.

Pourquoi cette intronisation parle autant aux fans de manga

Pour un lecteur arrivé par l’anime, Toriyama reste souvent le nom derrière Son Goku, Vegeta, Freezer ou les transformations qui ont défini une partie du shonen moderne. Mais son influence ne se limite pas à Dragon Ball.

Dr. Slump, publié avant Dragon Ball, a installé son goût pour le gag, les designs ronds, les personnages immédiatement mémorisables et ce mélange très particulier de chaos et de tendresse. C’est un manga plus comique, plus bizarre, parfois moins cité par le grand public, mais essentiel pour comprendre son style.

Son travail de character designer sur Dragon Quest a aussi marqué des millions de joueurs. Même chose pour Chrono Trigger, où son trait donne aux personnages une présence qui dépasse le simple habillage graphique. C’est un détail, mais il compte : beaucoup de créateurs ont un chef-d’œuvre. Toriyama, lui, a laissé des empreintes dans plusieurs médiums.

Cas concret : un fan français peut avoir découvert Toriyama enfant avec Dragon Ball Z à la télévision, puis l’avoir retrouvé sans forcément le chercher dans un RPG Dragon Quest, avant de revenir au manga papier avec une édition de Dr. Slump ou de Dragon Ball. Cette circulation entre anime, manga et jeu vidéo explique pourquoi son nom reste si fort. Il n’appartient pas à une seule génération, ni à un seul format.

Le Hall of Fame des Eisner, souvent associé aux « Oscars de la bande dessinée », met justement ce type d’impact en avant. Pas seulement la popularité immédiate. La durée. La capacité d’un auteur à modifier l’imaginaire collectif.

Go Nagai aussi intronisé, une soirée très forte pour le manga

Akira Toriyama n’était pas le seul grand nom japonais honoré lors de cette cérémonie. Go Nagai a également été intronisé au Hall of Fame des Eisner.

Là encore, le symbole est lourd. Go Nagai, c’est Devilman, Mazinger Z, Cutie Honey. Trois titres qui disent beaucoup de l’évolution du manga moderne : le mecha, l’horreur, le super-héros japonais, la violence graphique, les héroïnes iconiques. Pas forcément la même école que Toriyama, pas le même ton, mais une influence immense.

Voir Toriyama et Nagai honorés dans le même cadre rappelle à quel point le manga n’est plus un invité extérieur dans l’histoire mondiale de la BD. Il en est un pilier. Et ce genre de reconnaissance institutionnelle arrive parfois après que les lecteurs ont déjà tranché depuis longtemps.

Pour Toriyama, l’émotion vient aussi de ce décalage. L’auteur n’est plus là pour recevoir cet hommage. Mais ses personnages, eux, continuent de vivre partout : dans les mangas, les épisodes d’anime, les jeux, les figurines, les références cachées chez d’autres auteurs, et les discussions de fans qui reviennent toujours à la même idée simple : sans lui, le shonen moderne n’aurait pas la même tête.

Un hommage tardif, mais difficile à contester

Cette intronisation ne change pas la place d’Akira Toriyama dans le cœur des fans. Elle l’officialise dans un autre espace : celui de l’industrie américaine de la bande dessinée, avec ses propres codes, ses propres institutions, ses propres grands noms.

Il faut donc lire cette entrée au Hall of Fame comme un hommage posthume, mais aussi comme un rappel. Dragon Ball n’a pas seulement été un succès commercial massif. C’est une grammaire. Des combats lisibles, des arcs qui montent en puissance, des rivaux qui deviennent indispensables, une manière de rendre l’entraînement, l’amitié et le dépassement immédiatement compréhensibles.

Le plus beau, peut-être, c’est que Toriyama a toujours gardé une forme de légèreté dans son dessin. Même quand les enjeux devenaient cosmiques, il restait cette simplicité de lecture, ce goût du gag, ce sens du personnage qu’on reconnaît en une seconde. C’est souvent là que se cachent les grands auteurs : dans ce qui paraît évident après eux.

Le 24 juillet 2026, le Hall of Fame des Eisner a donc ajouté Akira Toriyama à sa liste. Pour les fans, l’hommage était déjà là depuis longtemps. Mais le voir inscrit à ce niveau rappelle une chose assez nette : l’héritage de Toriyama dépasse largement le manga. Il fait partie de la culture populaire mondiale.

Source : Comic Natalie