[Calendrier de l’Avent 2018] 24 décembre – Éclat(s) d’âme

Titre Éclat(s) d’âme
Auteur Yuhki KAMATANI
Volumes 4 – Terminé (France & Japon)
Éditeur Akata
Création 2015

Nous sommes le 24 décembre. Pour clôturer avec panache ce calendrier de l’Avent, nous souhaitions vous évoquer l’un de nos plus gros coups de cœur de cette année 2018.

Disons-le clairement, à la vue des innombrables critiques enjouées qui fleurissent sur le net, Éclat(s)s d’Âme s’impose très nettement comme l’un des mangas les plus poignants de cette année. Et ce n’est pas une surprise pour les amoureux de Nabari, le précédent titre de Yûki KAMATANI, qui avaient déjà pu nous faire entrevoir son talent. Soutenu avec force par les éditions Akata désireuses d’en faire un titre majeur de leur catalogue, Éclat(s)s d’Âme est un titre important qui se doit d’être lu.

Les débats actuels de société permettent de mettre en évidence les lacunes de la population autour des notions de la sexualité, du genre et du sexe, il suffit de se remémorer la polémique autour des propos d’Arnaud GAUTHIER-FAWAS sur le plateau d’Arrêt sur Images pour s’y convaincre. Dans l’univers de l’animation japonaise et du manga, peu nombreuses sont les histoires évoquant la complexité de ces problématiques au sein d’un individu et de son environnement, et encore moins sont capables de le faire avec autant d’habileté. Yûki KAMATANI va d’abord partir des troubles identitaires du jeune Tasuku, lycéen homosexuel dans le déni, pour évoquer ensuite le quotidien d’autres personnages issus du large spectre LGBT+ au sein d’un safe space agissant aussi bien comme rempart que lieu de (re)construction. Mais bien loin des approches souvent trop académiques présentées comme saines mais finalement simplistes, Yûki KAMATANI préfère ne pas trop théoriser sur le sujet pour que chacun de ses personnages ne soit pas enfermé dans des cases. Apparaissant avant tout humains, leurs états d’âmes nous sont contés avec humilité.

Car Éclat(s) d’Âme n’est pas qu’un fantastique témoignage militant, c’est surtout une incroyable œuvre de divertissement. La palette d’émotion est large, la lecture intense est semblable à des montagnes russes, n’épargnant personne jusqu’à la dernière page (on en pleure encore), où le bonheur et la frustration ne sont jamais très loin. La mise en scène joue beaucoup sur des métaphores visuelles. Un soin particulier a été apporté sur les nombreuses expressions du visage afin de retransmettre au mieux les sentiments des protagonistes, notamment quand ils sont incapables de mettre des mots sur leurs ressentis. Cette puissante empathie que l’on ressent envers ces personnages prouve bien que les problématiques soulevées ne sont pas l’apanage des concerné·e·s mais bien des questions existentielles universelles. Être capable d’écouter et accepter ses sentiments, se sentir apaisé dans son cœur et dans son âme, obtenir le respect ainsi que le droit à l’indifférence, se reconstruire après des années de souffrance, écouter son prochain avec discernement, etc.

Ces colonnes ne nous laissent pas la place pour évoquer les innombrables thématiques sociétales dont regorgent cette oeuvre. On aimerait par exemple pouvoir analyser plus en profondeur Misora, un personnage que l’on apprécie particulièrement, dont son comportement et son psyché fait débat au sein même des concerné·e·s. Mais qu’importe, lisez Éclat(s) d’Âme, pour écouter les revendications qui y sont décrites, comme le témoignage sincère de Yûki KAMATANI qui y met des formes fabuleuses pour exprimer ce que des millions de personnes dans le monde ne sont pas forcément capable de faire avec autant de justesse.

NDLR : Merci à toi cher lecteur de nous avoir suivi durant ces 24 journées du Calendrier de l’Avent. Toute l’équipe de Manganime espère que tu as apprécié notre sélection de titre, et nous te souhaitons de joyeuses fêtes. Qu’un maximum de mangas se retrouvent au pied de ta cheminée ou de ton sapin !

Synopsis de l’éditeur
« Deux jours avant les vacances d’été, je crois que… je suis mort ». C’est ce qu’a pensé Tasuku le jour où un de ses camarades de classe lui a piqué son smartphone, alors qu’il était en train de regarder une vidéo porno gay dessus. La rumeur s’est répandue comme une trainée de poudre. Tasuku, pense alors à se suicider, ne pouvant supporter cette réalité dont il n’avait pas encore complètement conscience lui-même, mais aussi par peur du regard de la société. Pourtant, alors qu’il s’apprête à sauter dans le vide, il aperçoit, au loin, une mystérieuse silhouette de jeune femme qui le devance et… saute dans le vide ?! Intrigué, terrorisé, il s’élance vers l’endroit d’où elle a sauté. Il y découvre, stupéfait, que la jeune femme est encore en vie, et qu’elle est l’hôte d’une sorte de résidence associative, véritable safe space où se réunissent diverses personnes LGBT. De rencontre en rencontre, le jeune lycéen va apprendre à se connaître, à s’accepter, et trouver sa place dans le monde.

Chaque jour jusqu’à Noël, découvrez l’avis personnel de l’un de nos chroniqueurs sur un manga coup de cœur ! Partagez avec nous votre ressenti et votre avis sur ces titres. Et si vous n’en connaissez pas certains, nous espérons que vous pourrez y jeter un coup d’œil.


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À propos Dareen

Les animes, les mangas, l'anisong, c'est sa passion ! Quand il ne rédige pas pour MangAnime, il s'occupe en travaillant sur son site web : Digiduo, l'Information Digimon Francophone.

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