[Chronique] Made in Abyss – L’aventure commence à l’aurore, à l’aurore de chaque matin

Titre Made in Abyss
メイドインアビス
Auteur つくし あきひと Akihito TSUKUSHI
Volume 1 – en cours (France)
6 – en cours (Japon)
Éditeur Ototo (France)
Takeshobo (Japon)
Première parution 18/05/2018 (France)
20/10/2012 (Japon)
Prépublication Web Comic Gamma
Genre Aventure, Fantastique

Synopsis de la série (éditeur) :
Au pied de la ville d’Orse s’étend l’Abysse, une faille gigantesque à la profondeur inconnue habitée par d’étranges créatures et emplie d’antiques reliques. Depuis des années, ce mystérieux gouffre attire de nombreux aventuriers qui se font appeler « les caverniers ». C’est ici que vit Rico, une jeune orpheline obsédée par l’Abysse et désirant marcher dans les traces de sa mère qui y a disparu. Un jour, en prospectant, Rico découvre le corps inanimé d’un jeune garçon. Elle est alors loin d’imaginer à quel point cette découverte va changer sa vie et accélérer son destin.

Avec une série TV qui a rencontré un très grand succès l’été dernier, Made in Abyss revient chez nous avec la version originale, le manga de Akihito TSUKUSHI, édité par les éditions Ototo. Cet auteur a d’abord travaillé pendant 10 ans chez Konami, en effectuant par exemple des illustrations pour le jeu Eledees : The Adventures of Kai and Zero. Le manga, en cours de publication sur une plateforme web depuis 2012, rencontre un succès grandissant, au point d’être nominé au Prix Manga Taisho 2018.

La jeune Rico a un rêve. Elle souhaite découvrir tous les secrets de l’Abysse. Le jeune Legu s’interroge. Fait de métal et amnésique, qui est-il, et pourquoi semble-t-il être intimement lié à cet Abysse ? Leur rencontre va les amener à explorer les tréfonds de l’Abysse, où joies et malheurs seront leur pain quotidien.

Raconter une histoire reste un exercice difficile. L’introduction surtout, qui ne doit jamais être bâclée car c’est la première approche que le lecteur se fera de l’œuvre. Introduire un univers, développer ses subtilités, présenter les personnages principaux et secondaires, expliquer l’intrigue principale du récit, travailler un graphisme, une narration, et une mise en page cohérente avec le propos de l’œuvre, le tout en relativement peu de pages, c’est ce qui permet généralement de distinguer les bonnes histoires des autres. À ce niveau, le premier volume de Made in Abyss est un parfait exemple de ce qu’est une introduction réussie ! Car le lecteur, en plus d’avoir maintenant toutes les billes en main pour appréhender toutes les (futures) subtilités de l’histoire, y découvrira un premier tome incroyablement divertissant et fun à lire.

Une fois le bouquin refermé, difficile de ne pas faire un rapprochement avec le roman culte de Jules Verne : Le Voyage au Centre de la Terre (dont nous vous recommandons vivement la lecture soit dit en passant). Tout comme le professeur Lidenbrock, les deux jeunes protagonistes s’aventureront dans les tréfonds de la Terre, où une description millimétrée de l’environnement sera effectuée, et où le voyage sera rythmé par des moments de bonheur liés à leurs découvertes, ainsi qu’à des moments de doute quand ils affronteront des dangers beaucoup plus angoissants que prévu. En plus de retrouver ce goût de l’aventure qui caractérisait les œuvres de Jules Verne, on sent la même réelle passion dans l’écriture et la conception du récit. La vraie différence entre ces deux œuvres est la finalité de leur périple, car si dans Le Voyage au Centre de la Terre les personnages savaient dès le début qu’ils avaient un moyen de remonter vivants à la surface, ici c’est clairement un aller simple pour l’enfer, sans aucune chance de survie au bout (du moins, dans ce qui est précisé dans le premier volume). À ce niveau, il y a un contraste saisissant entre l’aspect kawaii de ces petits bouts de choux dessinés en Super Deformed, et le ton plutôt glauque de l’œuvre. Il ne faut pas s’y tromper : la mort rôde à chaque page, et si pour le moment il y a un équilibre grâce à un humour précis, il va sans dire que la suite s’annonce bien encore plus sombre…

L’autre gros point positif de Made in Abyss vient de son graphisme d’un charme absolu. Même si à première vue, son aspect global peut paraitre un peu brouillon, il est d’une précision folle. Les personnages d’abord, mais surtout les décors, et l’univers dans un pur style steampunk. Akihito TSUKUSHI n’est pas un illustrateur expérimenté pour rien, il suffit de parcourir son pixiv pour se convaincre de la qualité de ses travaux. Mais s’il ne peut pas travailler cette histoire avec de la couleur, il fait un travail remarquable dans son utilisation des trames, qui apporte un certain volume aux nombreux éléments de chaque case.

Un dernier mot pour l’édition de qualité que nous propose les éditions Ototo. Un grand format (quasiment du A5) équivalent à la version originale, avec de belles pages couleurs au début, et une carte détachable représentant l’Abysse pour la première édition. Tout est fait pour que le plaisir de lecture soit optimal.

Il va sans dire que Made in Abyss s’impose comme un des mangas les plus indispensables du moment. Les superlatifs ne manquent pas pour vanter les qualités de cette Aventure avec un grand A, dont les qualités techniques et l’intérêt de l’histoire, déjà remarquables, iront en s’améliorant.

N’hésitez même pas, craquez, courez le lire !

MADE IN ABYSS © Akihito Tsukushi / TAKE SHOBO 2013
Originally published in Japan in 2013 by TAKESHOBO Co.LTD., Tokyo
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À propos Dareen

Les animes, les mangas, l'anisong, c'est sa passion ! Quand il ne rédige pas pour MangAnime, il s'occupe en travaillant sur son site web : Digiduo, l'Information Digimon Francophone.

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