[Chronique] Let’s be a family – Isn’t She Lovely

Titre Let’s be a family
家族になろうよ
kazoku ni narouyo
Auteur 倉橋トモ Tomo KURAHASHI
Volume one-shot
Éditeur Taifu Comics (France)
Takeshobo (Japon)
Première parution 22/03/2018 (France)
29/04/2016 (Japon)
Prépublication Moment
Genre Tranche de vie

Synopsis de la série (éditeur) :
Chiaki et Kazuma sortent ensemble depuis huit ans. Un jour Tomoe, leur amie d’enfance, débarque en larmes avec son bébé et leur dit : « Je vous confie Ayu ! ». Du jour au lendemain, ils deviennent donc papas et voient leur vie changer du tout au tout ! Outre le fait de n’avoir aucune notion en matière d’éducation, ils vont devoir également apprendre à concilier leur vie professionnelle et le fait de s’occuper d’un enfant, une chose tout sauf facile, surtout quand on travaille tard le soir.

Ne tergiversons pas en explications, Let’s be a family est tout simplement l’histoire d’un couple qui va devenir, au fil de nombreuses péripéties, une famille. Son autrice, Tomo KURAHASHI, n’est pas une inconnue chez nous puisque 3 de ses titres sont déjà disponibles via les éditions IDP Boy’s Love, bien qu’il s’agisse d’histoires plutôt convenues. Les éditions Taifu Comics ont préféré publier une œuvre différente de ses autres travaux, puisqu’elle met en avant non pas le développement d’une romance, mais la transformation d’un couple déjà établi vers une superbe famille.

En couple depuis presque 10 ans, Chiaki et Kazuma ne voient pas leur relation évoluer malgré tout l’amour qu’ils se partagent. Ils ne vivent toujours pas ensemble, car Kazuma souhaite être stable financièrement avant de se lancer dans un projet de vie. Mais ce ne sont que des excuses, car il fait tout pour repousser à plus tard son emménagement. Lorsque la petite Ayu entre dans leur vie, les premières grandes responsabilités pointent le bout de leur nez, et c’est en y faisant face que Chiaki et Kazuma vont accélérer leur union, tout d’abord en devenant concubins, puis en élevant ensemble cet enfant.

Contrairement à des mangas comme Père & Fils où l’enfant est moteur dans la construction familiale, Let’s be a family tourne principalement autour des péripéties des deux homme; Ayu n’étant que le ciment de la fondation de cette famille si particulière. Un choix qui peut se comprendre, car il aurait été difficile d’intégrer trop d’éléments autour de la notion de parentalité dans un seul one-shot sans rendre l’histoire indigeste. Heureusement, même en tant que personnage secondaire, la petite Ayu reste un petit trésor de bonheur, qui nous offre même la scène la plus attendrissante de l’œuvre.

Dans notre société actuelle, la définition même de « famille » ne fait toujours pas consensus. Les récents événements autour de la loi sur le Le Mariage pour Tous démontrent que la vision du cercle familial est en constante évolution, et que des schémas familiaux parallèles se développent afin de protéger les parents et/ou leurs enfants aussi bien psychologiquement que matériellement (même si des homophobes se cachent sous la bannière de La Manif pour Tous pour tenter de démontrer le contraire, à tort). Dans cette œuvre, il n’est pas uniquement question d’homoparentalité, bien que le sujet y soit évoqué à plusieurs reprises (le regard des enfants sur Ayu qui a deux papas, les difficultés pour les parents de concevoir que deux hommes puissent s’occuper correctement d’un enfant). Il s’agit plus globalement du thème de la parentalité, de la façon dont un simple couple va être amené à fonder un foyer afin de se protéger et évoluer.

Cette parentalité, Tomo KURAHASHI a choisi de la montrer sous un jour très positif, quasi utopique même, mais non sans réalisme. Ainsi, Chiaki le papa poule rêvant depuis bien longtemps d’avoir une vraie famille, va convaincre Kazuma que l’aventure mérite d’être vécue. Ils vont s’occuper de la jeune Ayu et l’éduquer de manière responsable, en lui donnant le plus d’amour possible. Mais à côté de ça, ils ne laisseront pas tomber leur relation basée sur la complicité et le désir physique, contrairement à de nombreux parents qui ne vivent que pour leur progéniture. Avec cette famille stabilisée et unie, ils vont pouvoir avancer dans leur carrière professionnelle, prendre du plaisir à s’occuper d’un foyer et de leur enfant, tout en vivant différemment leur intimité. C’est d’ailleurs la petite surprise de ce volume, où plusieurs séquences érotiques sont dévoilées. Elles y sont toujours consentantes, douces, décrivant avec brio tout l’amour qu’ils se portent l’un l’autre sans aucun artifice.

Le trait de Tomo KURAHASHI est fin et plutôt joli, les garçons qu’elle dessine sont très mignons. L’autrice soigne particulièrement les expressions de leurs visages pour retranscrire le plus subtilement possible tout l’amour émanant de ses personnages. Pour mettre en scène une histoire où l’on suit un couple déjà accompli, il fallait au moins ça. La mise en scène est simple mais efficace, la lecture de ce volume se fait d’une traite et avec beaucoup de plaisir.

Let’s be a family c’est chipounou tout plein, et ça met du baume au cœur. Une œuvre qui n’a pas la prétention d’être militante, mais qui l’est assurément à la vue des questions sociétales actuelles. Offrez ce manga à vos amis pour les convaincre qu’être papa c’est une belle aventure et beaucoup de bonheur !

KAZOKU NI NAROUYO © TOMO KURAHASHI 2017
Originally published in Japan in 2017 by TAKESHOBO CoLTD., Tokyo
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À propos Dareen

Les animes, les mangas, l'anisong, c'est sa passion ! Quand il ne rédige pas pour MangAnime, il s'occupe en travaillant sur son site web : Digiduo, l'Information Digimon Francophone.

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