Critique Série : La Loi d’Ueki

loiueki

 

Publiée entre 2002 et 2005 dans le Weekly Shōnen Sunday, La Loi d’Ueki (うえきの法則 Ueki no Hōsoku en version originale) de Tsubasa FUKUCHI fut compilée en 16 tomes chez Shokagukan au Japon et en France par Pika Edition entre le 17 Octobre 2004 et le 22 Août 2007.

La série a rencontré un certain succès chez nos amis nippons puisqu’elle peut se targuer d’avoir à son actif une adaptation animée de 51 épisodes (produite par Deen Studio entre Avril 2005 et Mars 2006, non disponible en France) et deux adaptations en jeux vidéo exclusives au Japon (l’une sur Game Boy Advance, « Ueki no Hōsoku: Jingi Sakuretsu! Nōryokusha Battle« , et la seconde sur PS2, « Ueki no Hōsoku: Taosu ze Roberuto Jūdan!! » toutes deux basées sur l’anime).

Une suite du manga, intitulée Ueki no Hōs oku PLUS a également vu le jour et s’est terminée en 5 volumes en 2007 au Japon, toujours chez Shogakukan. Cette suite reste inédite en France.

 

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous propose de vous familiariser avec le synopsis de cette série méconnue :

Jeune élève de 5e flegmatique et brillant, Ueki Kôsuke pourrait paraître somme toute assez ordinaire… Il possède cependant un pouvoir très spécial : il est capable de transformer les détritus en arbres ! Il lui suffit pour cela de les prendre dans ses mains et instantanément, un chêne, un bouleau, un marronnier ou n’importe quelle autre sorte d’arbre apparaît. Cette aptitude si particulière, Ueki la doit à M. Kobayashi, un professeur qui lui en a fait cadeau… mais pas de façon totalement désintéressée. En effet, ce dernier est un des 100 prétendants au titre de dieu (!), et pour le décrocher, il doit inscrire un élève à un gigantesque tournoi, où chaque participant possède un pouvoir spécifique différent…

 

Un résumé bien classique me direz-vous. En effet, nous avons là les bases génériques d’un shônen d’aventure aux arrières goûts de Battle Royale. Cependant, la série nous propose également des éléments bien particuliers qui sauront attirer l’œil et nous pousser à nous attacher à l’œuvre.

 

Tout d’abord, les personnages. Outre Ueki, le personnage principal, les personnages secondaires sont tous travaillés. Que ce soit leur background, leur personnalité ou même leur chara-design, tous les protagonistes sont uniques et clairement identifiables, ce qui les rend d’autant plus attachants. Provenant pour la plupart de pays ou de milieux sociaux différents, la confrontation de chaque personnage avec un autre est l’occasion d’approfondir ces différences et d’en découvrir toujours davantage sur leur passé, ce qui rend les protagonistes crédibles et leur background riche sans avoir besoin pour cela d’avoir recours à des flash-backs incessants qui casseraient le rythme. Les personnages sont ainsi mis en valeur dans un univers haut en couleur de façon fluide, sans entacher le scénario de lourdeurs non désirées. Au-delà des personnages adolescents « au cœur de l’action », les cadres adultes du tournoi ne sont pas en reste et apportent avec humour la dose de maturité dont le titre a besoin.

 

uekianime

 

Parlons de l’histoire à présent. Elle nous propose un début assez, voire très, classique : un jeune collégien un peu à part se retrouve confronté à un mentor qui l’affublera d’un pouvoir quelconque pour lui permettre de mener à bien une mission dont il ne comprend même pas à moitié les tenants et aboutissants. C’est là que le manga se détache du schéma classique.

En effet, les protagonistes ont tous des pouvoirs qui leurs sont propres, bien particuliers (donner vie aux maquettes, changer les perles en bombes,…) qui permettent aux combats de se renouveler et de toujours nous surprendre, que ça soit par leurs enjeux (Régulièrement bien différents de la simple victoire) ou par les stratégies employées pour gagner. Souvent bien saugrenues pour notre plus grand plaisir !

Ces pouvoirs parfois très sommaires lors de la première partie du manga prennent une tout autre dimension dans la seconde puisqu’y sont introduits les Niveaux 2 de ces compétences. Ces niveaux 2 sont des dérivés des pouvoirs originaux, qui s’y ajoutent et permettent des combinaisons encore plus folles et des stratégies de plus en plus complexes (notamment lors des combats par équipe). Par exemple, une personne pourra avoir comme pouvoir de base de changer le tissu en acier et comme niveau 2 d’utiliser le magnétisme. Voyez les possibilités que cela offre ! Et bien l’auteur en tire parfaitement avantage !

 

uekipage1

 

Au-delà de ces combats entre adolescents et de l’humour parfois très loufoque du titre, c’est une véritable lutte pour le pouvoir qui nous est offerte par les personnages adultes. Plus que de simples personnages secondaires de Dieu paresseux et d’aspirants-dieu atypiques qui se tirent dans les pattes à longueur de chapitre, les seuls adultes de l’univers apportent une dimension plus sombre par leurs intérêts purement politiques dans la compétition sans pour autant retirer la fraicheur de l’œuvre.

Une histoire plutôt classique mais au développement intelligent et aux combats passionnants et originaux, que demander de plus à un shônen d’aventure ? Le lectorat ciblé est clairement aux alentours des 13/14 ans, pas de leçons de vie sombres comme dans un seinen, mais le plaisir de lecture et l’attachement aux personnages sont réels.

D’un point de vue technique, les dessins sont assez sommaires dans le premier tome, voire assez particuliers. Cependant, le trait prend de l’assurance au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire et les combats finaux sont d’un dynamisme incomparable à celui des premiers affrontements encore hésitants. Les cases sont assez épurées, les trames très peu présentes, ce qui met encore plus en lumière le trait si particulier de l’auteur.

Un parti pris graphique qui en rebutera certains mais qui, là encore, offre à l’œuvre une patte qui lui est propre.

 

uekipage2

 

Pour conclure, ce manga, somme toute d’un classicisme assez prononcé quant à l’histoire qu’il propose, a pour lui des protagonistes attachants et un style très personnel. Une œuvre qui se lit avec légèreté et qui ravira les jeunes lecteurs autant que les lecteurs acharnés en quête de fraicheur, d’autant qu’il a le luxe de nous offrir une fin splendide qui vous laissera à n’en pas douter un sourire léger sur les lèvres, empreint de joie de voir la conclusion plutôt positive de cette histoire mais de nostalgie quant à cet univers très haut en couleur.

 

Note finale de la série : 14,50/20

 

Facebook Comments

À propos OrkanDora

Check Also

6 manga aux allures de contes à ne pas manquer !

Afin de mieux vous parler de titres que nous considérons comme des lectures constructives ou …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.