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Critique : Double Je Tome 1

Reiko Momochi n’est pas une auteure inconnue en France et encore moins des éditions Akata puisque l’éditeur a proposé l’an passé l’excellent titre Daisy – Lycéennes à Fukushima. Aujourd’hui, les éditions Akata renouvellent l’aventure avec une autre œuvre de l’auteure : Double Je, terminée en 5 tomes.

 

Double Je nous propose de suivre deux jumelles, Nobara et Kotori, aux caractères opposés mais pourtant très soudées. Elles vont vivre un premier malheur, la mort de leur père, qui va faire naître de la culpabilité en Nobara. Une première scène déchirante s’ouvre à nous avec l’enterrement du père de famille. Nobara va alors se retirer du cocon familial afin de ne pas attiser la tristesse de son entourage et surtout de sa mère qui semble lui en vouloir. Le temps passe et Nobara désire revoir sa mère. Les deux jumelles vont donc faire un échange de « vie » le temps de quelques heures et ce, régulièrement, jusqu’au jour où il se produit un second malheur dans la vie de Nobara : alors qu’elle demande à sa sœur un peu plus de temps, cette dernière est violée et tuée dans la rue alors qu’elle attendait. La police arrive au domicile familial et annonce qu’ils ont retrouvé morte Nobara, qui est en réalité Kotori. Tout le monde croit que Nobara est décédée, seule cette dernière sait qu’en réalité c’est le corps de sa soeur qui a été retrouvé. Face à la tristesse de sa mère qui n’a plus qu’elle et croyant qu’il s’agit de Kotori, à laquelle elle est très attachée, Nobara ne peut se résoudre à lui avouer la vérité au risque de l’achever. C’est alors que la culpabilité refait surface mêlée à de la tristesse et une douleur profonde afin d’essayer de mener une vie dans le mensonge…

 

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Reiko Momochi signe ici un drame très profond nous présentant bien des travers de la nature humaine. Elle nous montre la tristesse et les difficultés qui font suite à la mort d’un être cher à travers Nobara mais aussi sa famille qui se retrouvent totalement perdues ce qui les pousse à agir précipitamment (parfois sous le coup de la colère) surtout quand on est encore une enfant, rongée par la culpabilité. Nobara qui semblait pourtant si heureuse de vivre et pleine d’entrain va en venir à vouloir se suicider avec sa mère afin d’alléger leurs souffrances et rejoindre les personnes qui les ont quittées.

L’auteure traite également un sujet assez complexe à travers Nobara : savoir s’il faut renoncer à son propre bonheur afin de satisfaire son entourage et entrer dans les normes du monde qui nous entoure. Nobara se sentant responsable, afin que le monde de sa mère ne soit pas anéanti, renonce à son bonheur en quittant ses amis et son compagnon qui pourtant est le seul à connaître son secret mais qu’elle ne souhaite plus fréquenter afin de parfaire son rôle…

Elle n’hésite pas à démontrer la dureté de la société dans ce genre de situations avec la cruauté des médias, l’appât du gain de personnes sans scrupules, …

Cependant, dans cet univers très sombre, Reiko Momochi nous montre que tout n’est pas que ténèbres autour de nous, il y a toujours une éclaircie et c’est ici à travers le petit-ami de Nobara, qui est un réconfort nécessaire pour cette dernière, que l’auteure cherche à nous le faire comprendre. Le pardon est également chose possible, ici, et c’est la mère de Nobara, exprimant sa tristesse quant à l’éloignement de celle-ci suite à la mort de son mari, qui regrette ses agissements et a su pardonner sa fille, en partie responsable de la mort de ce dernier.

Dans tout cela, on aura peut-être une certaine réticence quant à la logique du fait que la famille de Nobara et Kotori ne parvient pas à faire la différence entre les deux jumelles mais qu’un simple ami y parvient et qu’ainsi l’échange puisse être possible. Cependant, ce n’est pas là une erreur suffisamment notable comparée à la qualité du titre.

Concernant le dessin maintenant, il est très typé shôjo. L’auteure a une très bonne maîtrise de son coup de crayon le rendant léger tout en étant précis et détaillé. Ainsi, elle parvient à donner à ses personnages des traits rendant leurs émotions encore plus fortes, plus bouleversantes.

 

 

Au final, nous avons en main un premier tome qui donne clairement le ton d’une nouvelle série très riche en émotions, réaliste et psychologique, qui ne manquera pas d’ébranler les plus durs d’entre-nous.

 

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