jeudi 29 octobre 2020

Critique Série : Runway of Lovers

Auteurs : TAKANA Wataru (scénario) | SHIBANO Yuka (dessins)

Genre : Romance, drame, mode, comédie

Editeur : Soleil Manga

Critique de la série complète

Rédacteur : Heyden

Note :  3,5/5  (Scénario : 3,5/5  ;  Dessin 3,5/5)

 

Ce manga m’a un peu fait penser à Nosatsu Junkie d’une certaine manière. Mais avec son côté un peu plus mature, par moment, on a des aspects qui font un peu penser à Paradise Kiss, mais vraiment par moment. J’ai trouvé la lecture plutôt sympathique. Plus on progresse, plus le titre prend une dimension plus mature. Je ne dis pas que c’était toujours très recherché, mais on passe un bon moment.

Le scénario oscille entre points intéressants et points peut-être plus fades je dirais. En effet, là où on retrouve des aspects matures, c’est notamment dans les réflexions de Yui par rapport à son métier. Si elle a choisi d’être mannequin, c’est en quelque sorte pour suivre les traces de sa mère qui a stoppé sa carrière à cause de sa grossesse. On a donc parfois l’impression qu’elle fait ce métier parce qu’elle éprouve un sentiment de culpabilité envers sa mère. D’ailleurs, sa relation avec cette dernière est assez chaotique. Fille et mère ne semblent pas très bien se comprendre et on découvre dans le fond que Yui est une fille qui souffre un peu de sa solitude, ressentant un certain vide et qui pense que son métier ne lui permet pas de se faire réellement des amis. Il en résulte qu’elle a une attitude assez blasée par rapport à ce métier, même si elle n’en laisse rien paraître une fois qu’elle est devant les photographes. Si le scénario n’est pas extraordinaire, on appréciera quand même le travail que fait l’auteur sur les faux-semblants. Se remettant fréquemment en question, on voit qu’elle ne sait pas vraiment ce qu’elle veut faire de sa vie, ce que sa mère ne manque pas de lui jeter à la figure.

L’arrivée d’Aki va tout doucement changer cet état de fait. Mais autant le dire, au début, la relation entre les deux est assez hostile. Yui ne supporte pas le tempérament expansif d’Aki qui cherche à se rapprocher d’elle. Néanmoins, même si on n’est pas tant avancé, on peut supposer qu’elles vont finir par se rapprocher à moins qu’une romance ne fragilise tout cela.

En effet, très vite, on apprend que Yui sortait avec Katsuki, un jeune photographe avec qui elle a rompu pour se consacrer à sa carrière. Toutefois, les deux ont gardé un bon rapport, mais Yui se rend rapidement compte que la novice Aki semble avoir un talent inné pour le mannequinat et surtout, elle parvient à capter le regard de Katsuki. Mais est-ce un regard professionnel ou faut-il y voir autre chose ? Rien n’est dit pour le moment. Dans tous les cas, on découvre que Yui possède toujours des sentiments pour Katsuki, mais comme la jeune fille a tendance à se renfermer sur elle plutôt que de dire les choses, on peut avoir l’impression qu’elle a une fierté mal placée. Par ailleurs, un rapide retour dans le passé permet de voir que c’est grâce à Katsuki qu’elle a réussi à s’ouvrir tout doucement. On comprend d’autant moins la raison qui l’a poussée à rompre avec le jeune homme car s’agit-il de la vraie raison finalement ?

© 2011 Yuka Shibano / SHOGAKUKAN

Dans le deuxième volume, on voit Yui qui tout doucement commence à perdre pied. Si elle avait choisi d’accepter plus ou moins l’amitié d’Aki, elle va se raviser devant le succès naissant de cette dernière, ce qui va vite rappeler que le milieu du mannequinat est féroce. Sentant qu’elle va se faire dépasser par Aki et qu’elle n’aura sans doute jamais cette même reconnaissance (avec sa mère toujours aussi froide envers) ou aura, Yui voit petit à petit son monde tanguer. D’autant que Katsuki semble aussi s’intéresser à Aki. On voit une héroïne qui ne sait tout bonnement pas comment faire face à la pression. Si Yui se montre forte devant les photographes, on la découvre très fragile dans le fond. Yui que l’on pouvait penser superficielle se révèle alors assez attachante et on apprécie le côté mature que l’on donne au titre. Certes, tout n’est pas profond, mais l’approche réaliste est plutôt plaisante à suivre. Néanmoins, ce deuxième tome manque quand même d’un peu d’audace : certains moments s’avèrent assez prévisibles. On sent que la mangaka ne maîtrise pas encore tout son sujet, même s’il y a des bonnes pistes. La vraie surprise de ce tome reste quand même la mère de Yui dont on n’arrive décidément pas à cerner les objectifs…

Le troisième tome est empreint d’une certaine tristesse. Dès le tome, 2, j’avais pu constater que la construction de l’histoire amenait parfois des choses étonnantes chez les personnages et ce tome 3 poursuit dans cette optique. Ainsi, plutôt que de se concentrer sur l’opposition Yui/Aki, voilà que la mangaka va s’intéresser à la mère de Yui : Naoko. Au final, Yui et Aki vont apparaître comme des éléments annexes qui vont servir à intégrer la nouvelle trame. Celle-ci va nous permettre de comprendre pourquoi Naoko est aussi froide avec sa fille. Une histoire qui va peut-être aussi servir à Yui pour qu’elle puisse enfin se révéler par la suite.

© 2011 Yuka Shibano / SHOGAKUKAN

Cette histoire autour de la mère s’avère assez intéressante à suivre. En fait, j’ai envie de dire que c’est en découvrant son histoire que l’ensemble de la série prend son sens d’une certaine façon. Fille et mère ne se comprenaient pas, mais il y a toujours eu un réel amour qu’elles ont été incapables d’exprimer. Le passé de la mère permet donc de comprendre les vrais sentiments qu’elle porte à sa fille. La mangaka se révèle assez pertinente dans sa manière d’amener les choses. Le cheminent apporte d’ailleurs une conclusion globalement satisfaisante avec une petite touche d’émotion et des phrases assez porteuses. La finalité, bien qu’un peu prévisible est donc agréable à suivre.

Aki, dont on avait deviné les sentiments pour Katsuki se trouvera en plein doute quant à son avenir professionnel. Mais finalement, le choix de sa décision va avoir une réelle influence pour que Yui puisse avancer. Finalement, Aki est la meilleure ennemie/amie de Yui. Cette dernière parviendra à résoudre la crise qui s’est emparée d’elle en faisant notamment la « paix » avec sa mère et en reconsidérant son métier. Le renouveau apparaissant avec son changement de coupe d’ailleurs qui reflète un nouvel état d’esprit chez la jeune fille. En fait, on réalise que le plus important dans cette fin, c’est le chemin qu’elles ont parcouru pour être en accord avec elles-mêmes, surtout pour Yui qui avait une vraie douleur en elle.

© 2011 Yuka Shibano / SHOGAKUKAN

Graphiquement, le dessin est plutôt plaisant dans son ensemble. On insiste assez bien sur le milieu de la mode globalement. Un dessin toutefois qui reste assez « shôjo ».

Ce shôjo n’est donc pas LE shôjo, mais le traitement était appréciable dans son ensemble. On pouvait s’attendre à un titre superficiel, mais il ne l’est pas vraiment préférant s’attarder sur les troubles des personnages plutôt que sur le milieu. On regrettera quelques raccourcis, mais c’est une lecture agréable.

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