[Critique] The Irregular at Magic High School : The Girl Who Summons The Stars

Vous n’étiez pas présent au film lors de sa diffusion au Grand Rex le 26 Août ? Alors vous aurez de quoi lire. Un petit retour aux sources pour commencer.

The Irregular at Magic High School, ou plus connu sous le nom de Mahouka Koukou no Rettousei, est à l’origine un Web Novel écrit par Satou TSUTOMU sur le site de Shousetsuka ni Narou depuis 2008, puis publié sous le format LN en 2011 chez Dengeki BunkoKana ISHIDA s’occupe des illustrations.

Son succès est immense au Japon, à tel point qu’une adaptation animée a été produite en 2014 par le studio Madhouse, comptant un total de 26 épisodes et 6 mini épisodes bonus.

Synopsis de la série initiale :

« A la fin du 21è siècle, soit trente ans après l’intervention des magiciens qui mirent fin à la 3è Guerre Mondiale, la magie est désormais omniprésente dans le quotidien de chaque être humain, tout comme les pouvoirs & bénéfices qu’elle procure.

En 2092, un mage inconnu identifié comme étant « Mahesvara », le Dieu de la Création & de la Destruction, stoppa de plein fouet l’invasion de la Grande Union Asiatique à Okinawa, contre qui les forces armées du Japon avaient du mal à gérer. Il ne fît aucune différence entre ses alliés et ses ennemis, et réduisit le champ de bataille en un véritable carnage. Les piles de corps et de poussières s’étendaient à perte de vue. Cet événement fût répertorié comme « le Massacre d’Okinawa », et le nom « Mahesvara » fût craint.

2095. Tatsuya Shiba et sa jeune sœur Miyuki sont admis au Premier Lycée, situé à Tokyo. Cette prestigieuse école abrite l’élite des magiciens, mais des cas de discrimination font rage au sein de l’établissement. Première & Seconde sections… Bloom et Weed… la distinction entre ces deux « grades » est courante entre les élèves de l’établissement. Si Tatsuya est relégué au rang des élèves les plus démunis en matière de magie, Miyuki, elle, fait partie des prodiges. Mais est-ce là réellement le cas ?

Ils ne rêvent que d’une scolarité paisible et sans histoires, mais malheureusement pour eux, les conspirations, les menaces et le danger les guettent peu importe où ils se trouvent… »

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LE FILM

Quelques mois ont passé depuis la fin des événements à Yokohama, dont le Japon se souviendra comme étant le « Scorched Halloween ». Tatsuya et ses camarades entament enfin leur seconde année au Premier LycéeShizuku, de retour de son intégration temporaire aux USNA, les invite à nouveau dans une de ses villas familiales, située sur l’île d’Ogasawara. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu lorsqu’un ordre privé est donné à Tatsuya. Des événements étranges se produisent dans l’espace, et il est de son « devoir » d’éradiquer le danger. Pensant que la menace était belle et bien réduite à néant, la vie reprend son cours, le temps de quelques heures…

Pendant ce temps, dans un laboratoire de la Marine, des expériences ont lieu sur un CAD global de grande taille. Neuf clones féminins sont utilisés comme source de psions pour déclencher une séquence d’activation à grande échelle déjà définie. Leur but : attirer & expulser sur de très grandes distances des objets provenant de l’espace. Mais les USNA ne l’entendent pas de la même oreille. Pour eux, ces recherches sont une véritable menace pour le monde tout entier…

Alors que la base navale se fait attaquer par l’escadron STARS mené par Angelina Kudou Shields (Lina), alias Angie Sirius, l’une des clones du projet réussi à s’échapper et se cache dans le jet privé de Shizuku, pensant qu’il s’agissait de l’avion appartenant à la famille Saegusa.

Dès cet instant, son fardeau fût transmis au plus grand des hommes qui décida de l’aider, peu importe le prix à payer….

Commençons par le commencement. 

Le film prend place entre les volumes 11 et 12 du Light Novel japonais, soit entre la toute fin de l’arc Visiteur présentant le personnage de Lina, et le début de l’arc Double Seven où les jumelles Saegusa apparaissent. Autant dire qu’entre l’anime & le film, un arc de 3 tomes a été légèrement « mis de côté »… si on omet le volume racontant le passé tragique de Tatsuya et Miyuki.

Dur de pouvoir s’y retrouver si on ne fait pas partie de ceux ayant de l’avance sur le roman. En revanche, s’agissant ici d’une histoire originale, même ceux s’étant arrêté à l’adaptation anime n’auront pas trop de mal à suivre l’histoire. Gardez simplement vos incompréhensions pour des questions à poser aux plus « connaisseurs ».

Le titre du film est « La fille qui invoque les étoiles » (The Girl Who Summons the Stars). On s’attend donc à ce que celui-ci se base entièrement sur le personnage de Kokoa… mais ce n’est pas le cas. Prenez ça comme le titre d’un épisode de série TV : Kokoa est donc un personnage clé du film, mais en réalité, on se base sur le phénomène invoqué par les 9 clones de la base navale. Toute l’intrigue tourne autour de l’expérience menée par les scientifiques de la Marine, ainsi que la grande « puissance » de Tatsuya pouvant arrêter, d’une certaine manière, cette menace d’un autre genre.

Le film peut être découpé en 5 parties bien distinctes :

– Le Commencement (présentations, vacances, mise en place des événements, …)
– Début des Hostilités (réception de Kokoa, souvenirs du passé, la mission des USNA, …)
– Massacre et Menace (action de la part des 3 camps, danger dans l’espace, DARK VADOR)
– L’ascension de Tatsuya (mission 007 : anéantir la cible avant qu’elle ne frappe le sol, …)
– La scène cachée (on vous aura prévenu, il fallait rester jusqu’à la toute fin)

Un peu de sérieux au tout début avec la présentation de la Marine et de leur « plan » visant à acquérir une puissance égale à celle de l’armée de terre. Vous l’aurez compris, tout ça provient d’un simple acte de jalousie. L’armée possède « Onii-sama« , eux n’ont rien, et ça les embête un peu (beaucoup). Les présentations se font donc en quelques minutes, elles étaient nécessaires pour une bonne compréhension de l’intrigue qui suivra plus tard.

Points positifs ou négatifs ?

Qui dit vacances d’été ou de printemps, dit forcément « maillots de bain » et « plage ». Et cela nous ramène donc au terme « fanservice ». Oui, mais jusqu’à quel point ?

Pendant que Miyuki s’occupe de dévoiler son magnifique deux pièces à son cher frère pas très attiré par ce genre de choses, Erika et les autres passent du bon temps à tenter de frapper une pastèque, les yeux bandés. Et quand vient le tour de Mizuki, on peut dire que les choses partent en « boing boing ». Forcément.

Une scène de bain arrive un peu plus tard dans le film, où l’on retrouve évidemment nos chères demoiselles… dénudées. Et c’est bien normal, on ne se lave pas dans un costard-cravate. Mais cette scène n’atterrira pas dans la case fanservice pour une seule et unique raison : il fallait un certain événement pour montrer à la jeune Kokoa qu’étant une demoiselle désormais libre de toute contrainte, il lui était possible de prendre soin d’elle comme n’importe qui d’autre. La pauvre n’avait malheureusement pas le droit à la douche quotidienne, son seul moment de propreté avait lieu dans un bac de désinfection… Je vous laisse imaginer la suite.

L’intrigue se met en place petit à petit, et l’action n’arrivera que bien plus tard. Et je l’avouerai, je trouve ça très bien ainsi. Trop d’action tue parfois un film, et ici, tout était dosé à la perfection.

L’animation, les graphismes et les effets spéciaux sont très bien réalisés. Gros pouce vert pour la qualité des détails dans les véhicules (avions notamment) et la réalisation des sorts, prenant un air de « réel » de temps en temps. Les décors sont somptueux, c’est comme si on s’y trouvait réellement. Et que dire de la bande son ! Des OSTs sont à couper le souffle, comme toujours, et les effets sonores sont réalisés avec brio. Bon, le son au cinéma était un poil trop fort, donc imaginez l’état de nos oreilles quand une explosion avait lieu…

Hormis tous ces détails visuels et musicaux… si on passait à un point un peu plus important ?

Les personnages, moments clés et points à retenir.

Une fois encore, on se rend compte que Tatsuya ne semble pas apprécier le travail d’équipe. Lorsqu’il décide d’aider Kokoa à libérer ses compères, il a la ferme intention de tout faire de lui-même, et ordonne même à ses camarades de quitter l’île. Erika sera celle qui aura le dernier mot, faisant réagir par la même occasion Léo, Mikihiko et Miyuki qui n’ont nullement l’intention de rester les bras croisés dans leur retour en avion pendant que Tatsuya s’occupe d’oblitérer des dizaines d’individus à lui tout seul.

Tatsuya est un ingénieur de génie ainsi que l’arme ultime de l’armée du Japon. Laissé seul, il peut détruire l’intégrité de la planète d’un simple claquement de doigt si l’envie le prend. Il n’aurait donc aucun problème pour s’infiltrer dans une base navale, détruire la totalité des appareils présents & sauver les jeunes filles emprisonnées… Même si rien ne peut l’opposer, ce n’est pas pour autant que sa modestie réussira à convaincre ses amis, qui eux, pensent qu’il ne doit pas tout gérer seul de son côté.

Nous faisons aussi la connaissance du personnage de Lina, sous son nom de code « Angie Sirius ». Elle est la commandante en chef de l’escadron STARS, une unité d’élite dans l’armée américaine (USNA). Niveau puissance, elle rivalise avec Miyuki… voir la dépasse de peu. Etant une mage stratégique, elle possède son sort personnel létal, « Heavy Metal Burst », lui permettant de transformer des métaux en plasma de haute densité, tout en amplifiant les ions solaires sur une vaste zone en créant du gaz, une force de répulsion électromagnétique et une augmentation élevée de la pression terrestre. Le plasma est radié dans toutes les directions depuis son point d’activation, il s’agit donc là d’un sort mortel mais nettement moins dangereux que le « Material Burst » de Tatsuya. Ne voulant pas non plus s’afficher comme une simple lycéenne dans l’armée, elle utilise son sort « Parade » pour prendre une différente apparence : celle d’une femme aux cheveux écarlates & aux yeux dorés. Lina apparaît pour la première fois dans le 9è tome du Light Novel, et a souvent eu affaire avec Tatsuya. Dans le film, elle a pour but d’éradiquer toute trace des recherches menées par la Marine.

Et puisqu’on parle de sorts, Tatsuya en possède 2 nouveaux dans sa poche : « Deep Mist Dispersion», une version améliorée du « Mist Dispersion » habituel pouvant s’étendre sur des kilomètres et affectant bien plus que les corps physiques, ainsi que le « Beta Trident » (Beta Decay Dispersion Trident), un sort de décomposition d’un niveau supérieur pouvant décomposer la matière en neutrons, protons et encore plus loin au niveau microscopique. En une phrase, cette magie est capable de décomposer littéralement les matériaux chimiques, physiques et organiques pour qu’il n’en reste que des détritus.

L’humour était présent sur toute la durée du film. Satou-sensei a sûrement dû penser qu’il fallait quelques événements prêts à faire rire les spectateurs afin d’adoucir les points trop sérieux de l’intrigue. Lina qui risque de tomber sur une piste glissante, ratant ainsi son entrée en scène, par exemple. A ce niveau, c’est très réussi.

Une très bonne réalisation du film ne veut pas non plus dire que la totalité des éléments sont cohérents du début à la fin. Certains trouveront par exemple que les flash-back du passé de Tatsuya & Miyuki restent un peu flous car on n’en sait finalement pas plus. Ils n’en parlent pas non plus ouvertement, donc difficile de savoir ce que tout ça veut dire. Mais pour les lecteurs du Light Novel, ces scènes veulent dire beaucoup. Si vous aviez mal compris ce moment, je me fais un plaisir d’éradiquer votre incompréhension :

« Le personnage apparaissant dans les flash-back est Sakurai Minami, une mage modifiée de la série Sakura appartenant aux Yotsuba. Tout comme Tatsuya, elle était une gardienne de Miyuki ainsi que de Miya Yotsuba. Elle est morte en utilisant un sort de protection de grande portée semblable au Phalanx après une utilisation excessive de la magie, en voulant protéger Tatsuya lorsque ce dernier lança son premier Material Burst contre une flotte ennemie en 2092. Tatsuya avait l’intention de la « soigner » grâce à son sort « Restauration », mais celle-ci lui demanda de la laisser mourir en paix, laissant à ce dernier un goût amer des derniers événements… »

Cependant, la fin du film est bien trop rapide et manque de développement. On saute des étapes et on tombe immédiatement sur les crédits de fin, c’est un peu dommage.

Enfin, si vous avez suivi le film jusqu’au bout et que vous êtes restés sagement assis sur votre siège jusqu’à la fin des crédits, vous avez pu voir une scène qui, pour certain, pourrait être « banale ». En réalité, elle est très révélatrice. J’en parlerai prochainement.

Tatsuya et Miyuki rentrent de vacances et continuent leur seconde année au Premier Lycée. Mais Tatsuya possède désormais un emblème sur son uniforme : celui de la section des Ingénieurs. Celui que l’on considérait comme « faible » et « déchet inutile » est désormais reconnu comme un prodige dans sa totalité au Japon. Une annonce serait-elle donc à prévoir en Octobre ?

En conclusion ?

Quelques défauts mineurs auront donc été repérés dans le film, mais rien d’alarmant en soi. Si vous avez accroché à l’univers, alors sans aucun doute, ce film vous plaira, peu importe que vous ayez lu ou pas le roman. Si vous aviez eu du mal avec l’anime, peut-être que ce film vous réconciliera avec l’univers. Et si vous ne tombez dans aucun de ces cas… eh bien, vous ratez quelque chose, tant pis pour vous. Dans tous les cas, on ne peut critiquer une œuvre qu’une fois après l’avoir lue ou vue dans son intégralité. Maintenant, le choix vous revient !

Mais si on devait décrire ce film en quelques phrases… « Un déluge de feu où chaque camp n’a qu’un seul but en tête : prouver sa valeur. Mais peu importe l’origine de l’ennemi, un seul être unique sera toujours capable de réduire son existence au néant, et malgré les quelques remerciements reçus, il ne sera jamais accepté parmi les siens. »

Pour la beauté visuelle et musicale, ainsi que la profondeur du scénario, The Irregular at Magic High School : The Girl Who Summons the Stars s’en tirera avec la note de 8,5/10.

Et pour fêter la fin de ce long pavé, voici une image inédite provenant de Kana Ishida, servant à illustrer la prochaine parution du manga et du LN adaptés du film.

 

N’oubliez pas que la série TV est disponible chez WAKANIM, et que le LN est publié aux éditions Ofelbe. Le second tome arrivera le 26 Octobre prochain. Quant au film, il faudra patienter jusqu’à la sortie physique au Japon pour le voir arriver sur la plateforme de WAKANIM !

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À propos Amarylis

Community Manager & Rédactrice axée jeux vidéo J-RPG & Light Novel. Fan (in)considérée de la licence "The Irregular". Semble vouer une adoration envers les choses mignonnes paraît-il...

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