[Live Report] JOE HISAISHI SYMPHONIC CONCERT: MUSIC FROM THE STUDIO GHIBLI FILMS OF HAYAO MIYAZAKI

Le 9 et 10 juin 2017 se sont tenues au Palais des Congrès de Paris les premières mondiales de la tournée de Joe HISAISHI. Concert organisé par Overlook Events, il joua ses plus célèbres compositions utilisées pour les films du maître de l’animation japonaise Hayao MIYAZAKI, accompagné par l’Orchestre et le Chœur Lamoureux

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L’événement

Lieu : Palais des Congrès de Paris
Date : Le 9 et 10 juin 2017. Ouverture le vendredi à 20h30, le samedi à 15h et 20h30.
Prix : de 49€ à 129€. Billets VIP à 249€

Les billets VIP donnent accès au Carré Or et à la séance de dédicaces avec Joe HISAISHI (ainsi qu’un programme offert), limité à 50 exemplaires par date.

Annoncé le 21 novembre 2016, les billets furent mis en vente le lendemain à partir de 14h. Ce spectacle étant extrêmement attendu, une affluence record fut présente à l’heure pour tenter de réserver sa place, à tel point que le site de réservation a dû mettre en place un système de queue afin d’éviter qu’il ne soit saturé. Au final, la majorité des places furent partie en moins de 3h, et les deux dates furent complètes en 24h. Suite à ce succès, une nouvelle date fut annoncée pour le samedi 10 juin à 15h.

Joe HISAISHI

De son véritable nom Mamoru FUJISAWA, Joe HISAISHI est un des compositeurs de musique de films japonais les plus connus dans le monde entier. Né en 1950, il débuta sa carrière dans les années 70, dans un Japon en pleine mutation, joe_hisaishi_profileoù les expérimentations musicales faisaient partie de cette volonté de s’affranchir du lourd passé de ce pays. Sa première composition pour un anime fut en 1974 pour Hajime ningen Gyatoruz.

Sa carrière explosa en 1984, lorsqu’il collabora avec Hayao MIYAZAKI pour travailler sur son film culte Nausicaä de la vallée du vent, avec lequel il livra une œuvre mélancolique, où de longs violons classiques se mêlent à des sons plus eighty. S’en suis alors une longue collaboration de plus de 30 ans avec le réalisateur pour, au total, 10 films, parmi lequel Le Voyage de Chihiro en 2001 qui était le film d’animation japonaise le plus populaire de tous les temps (jusqu’en 2016, dépassé par Your Name de Makoto SHINKAI). De 1991 à 2002, il travailla également pour Takeshi KITANO. Outre ses compositions pour les films, il sortit de nombreux albums solo, des travaux pour des publicités, documentaires, et même le jeu-vidéo Ni no Kuni.

C’est la seconde fois que Joe HISAISHI venait donner un concert en France. La première fois fut le 23/06/2011 au Zenith de Paris dans un but caritatif en faveur des sinistrés du tsunami de Fukushima.

Le spectacle

Le concert débuta logiquement avec Nausicaä de la Vallée du Vent, la toute première collaboration entre Joe HISAISHI et Hayao MIYAZAKI, à travers son opening : The Legend of the Wind. Mai FUJISAWA fit ensuite son entrée. Si son nom ne vous est pas familier, c’est pourtant la fille du compositeur, qui interpréta notamment le Requiem du film en 1983, lorsqu’elle n’avait que 4 ans.
tumblr_ls8w2e5YWX1qb68wmPour rester dans un registre épique, les compositions de Princesse Mononoke, l’œuvre qui révéla son réalisateur -et accessoirement son compositeur- dans le monde entier, furent jouée. De grandes envolées lyriques pour deux thèmes forts, suivies de la très célèbre chanson titre du film, brillamment interprétée en japonais par la soprano Hélène BERNARDY. Beaucoup de soulagement dans le public, car en 2011, c’était une version anglaise du titre que l’on a pu entendre, faisant grincer des dents une bonne partie de l’auditoire.
Il fut interprété ensuite les trois thèmes principaux de Kiki la Petite Sorcière, dont Mother’s Broom, avec un premier violon de grande qualité, sans doute l’un des moments les plus émouvants de la soirée. Vient alors le tour de Le Vent se Lève, le dernier film de MIYAZAKI en date. Une petite bouffée d’air frais pour des compositions que nous n’avons jamais pu apprécier ni en vidéo, ni en concert. De jolies mélodies, avec une mandoline bienvenue.
Ponyo sur la Falaise et sa magnifique B.O permirent d’attendrir l’auditoire. Si l’opening nous a bouleversé grâce à un japonais impeccable de la soprano, malheureusement, la chanson titre fut chantée en anglais. Difficile pour le public connaissant par cœur la version japonaise de prendre son pied.

Une courte pause fût remarquée afin de laisser une partie des musiciens quitter la scène. Une partie du public pensa qu’il s’agissait de l’entracte et commença à sortir, alors qu’il n’en était rien. À notre plus grande surprise, l’orchestre interpréta Le Château dans le Ciel avec la même configuration que le concert au Budokan 9 ans plus tôt : les musiciens dans les gradins et le cœur sur scène. Carrying You aurait pu être l’œuvre clé de la soirée, si les tambours, beaucoup trop présents, ne gâchaient l’émotion de cette chanson ultra mélancolique. Dommage. Cependant, ce fût une expérience intéressante de la part du compositeur.
laputa_ostConfiguration plus réduite pour la magnifique chanson jazzy de Porco Rosso, très intimiste. Joe HISAISHI est pourtant très à l’aise vis-à-vis de ce type de composition, mais n’a pas forcément le capacité de les interpréter dans ce genre de spectacle.
Vient ensuite le très beau medley de Le Château Ambulant, dont il serait regrettable de faire l’impasse sur ses nombreuses mélodies. One Summer Day de Le Voyage de Chihiro fût le seul titre interprété avec un piano solo par le compositeur. Pour charmer le public, sa fille revint de nouveau afin de chanter cette mélodie, accompagnée par l’orchestre, dans un grand moment d’émotion.
Et pour terminer la filmographie du maître, Mon Voisin Totoro, dont le personnage principal est devenu l’emblème du studio, fût à l’honneur à travers ses trois mélodies les plus célèbres. Étrangement l’opening du film fût interprété en anglais, mais l’ending en japonais.

Le concert se termina avec deux rappel : le mythique Madness de Porco Rosso et Ashitaka to San de Princesse Mononoke, entrecoupés par des standing ovation.

Conclusion

3327-tonari-no-totoro-01-face-avantDans son ensemble, le spectacle fût une vrai réussite, bien plus travaillé que ne le fût celui de 2011. L’excellente acoustique de la salle, combinée à une prestation de qualité ainsi qu’un programme faisant part de la majeure partie des thèmes principaux des films de Hayao MIYAZAKI, ne pouvait que plaire à un auditoire varié, qu’il soit vieux, jeune, animefan ou simple amateur du maître.
Il est seulement regrettable que la majeure partie du spectacle soit très inspiré du concert des 25 ans de collaboration au Budokan en 2008. Beaucoup de plaisir certes, mais peu de surprises pour les fans du compositeur. Également, cette volonté de chanter certains titres cultes en anglais, nous laisse un goût amer. Nous aurions préféré fredonner les paroles que nous connaissons par cœur dans leur langue d’origine.
Notons que durant le spectacle, des extraits de films étaient diffusés sur un écran derrière l’orchestre. Les paroles des chansons furent même traduites et diffusées en même temps. Des messages récents laissent entendre que la musique du prochain film d’Hayao MIYAZAKIBoro la petite chenille, sera bien composée par son ami.

Mais pinailler sur ces quelques détails serait fort dommage car des événements autour de Joe HISAISHI en dehors du Japon sont très rares, et redécouvrir ces musiques qui ont marqués plusieurs générations de fans reste un bonheur certain. Personne ici ne pensait un jour vivre la même expérience que ce mythique concert au Budokan que nous ne pouvions profiter qu’en DVD. Une expérience glorifiante pour nous autres, chanceux français, d’avoir pu profiter du spectacle d’un des compositeurs japonais les plus connus au monde.

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À propos Dareen

Amateur de mangas, animes, anisongs, et de whisky. Également administrateur de Digiduo, l'Information Digimon Francophone.

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