Les recommandations manga de Kazune [Semaine n°13 : du 27.03 au 02.04.2017]

Chaque semaine, notre chère mascotte Kazune vous recommande certains titres, globalement des manga, manhua ou manhwa, et vous les décrypte. Quoi de mieux que de nouveaux coups de cœur parmi ses récentes lectures, que nous vous laissons découvrir ici. Nous espérons qu’ils vous tenteront.

Laissez-vous guider et n’hésitez pas à partager avec nous vos avis sur ces titres, si vous avez également eu l’occasion de les lire.


 

Titre
Distopiary

役職ディストピアリ

Numéro du tome
T.1 & 2
Editeur FR : Pika Édition

JP : Square Enix

Première publication FR : 05/04/2017

JP : 25/02/2015

Auteur Fumitaka SENGA & Tellmin’
Type
Shônen
Rédacteur Neginator
Synopsis de la série (éditeur) :

Dans un univers fantasy, teinté de RPG, le  23ème roi du Mal va bientôt être choisi. Il peut émerger à tout moment dans n’importe laquelle des 7 strates qui le composent.
Dans ce monde, où les classes sont paramétrées à la naissance, les Exterminateurs ont pour mission de trouver et d’anéantir le roi du Mal  avant qu’il ne soit trop tard. Pour cela, ces héros devront réunir une équipe de coéquipiers de classes différentes. Les Exterminateurs sont reconnus comme des héros mais contrairement aux autres classes, ils  ne peuvent pas acquérir d’expérience mais seulement augmenter temporairement leur puissance.
Suivez Tolza, un jeune Exterminateur, dans son voyage pour anéantir le roi du Mal en compagnie de ses coéquipiers et découvrez le terrible et sombre secret que ces derniers ne doivent jamais apprendre à propos de la classe des Exterminateurs et de leur habilité, le Supplément Héroïque !

L’avis de Kazune :

Une dystopie, en opposition à l’utopie, est une histoire nous plongeant dans une société imaginaire où il est impossible de vivre paisiblement et dont le modèle ne doit pas être imité. Distopiary, dont le titre semble être une association des termes « dystopia » (dystopie) et « diary » (journal), vous entraîne dans une récit sombre et sans pitié où le bonheur de chacun n’est clairement pas une priorité.

Bien que son univers soit quelque peu semblable à celui de jeux-vidéo, Distopiary ne tombe pas dans le cliché des manga du genre. En effet, nous avons ici un héros qui ne peut monter en niveau malgré ses nombreux combats (ou du moins que temporairement) et qui n’a qu’un seul but : affronter le Roi du Mal. De plus, les personnages ne peuvent ressusciter d’aucune façon. Une fois trépassé, une fleur naît de votre cadavre et vous retournez à la terre. La mort n’est d’ailleurs jamais réellement paisible dans ce manga :  les scènes sont très cruelles et le dessin assez explicite, conférant à ce titre une extrême noirceur, digne d’un seinen (qui est d’ailleurs le genre du magazine de prépublication de Distopiary au Japon). S’annonçant comme un très bon divertissement dans le genre Dark Fantasy, cette série achevée en 5 tomes, va bien plus loin encore avec un véritable travail de ses personnages, de la société dans laquelle ils vivent, et devrait vous inciter à la réflexion.

distopiaryscan1Dans cette société contrôlée et surveillée par une administration hautement placée, chacun est condamné à jouer son rôle et suivre le cours de son « destin ». Les « exterminateurs » sont détenteurs d’un pouvoir maudit et sont dans l’obligation de s’entourer de compagnons d’arme pour combattre. Ces derniers sont contraints d’aider l’exterminateur, quitte à se sacrifier car lui seul reflète l’image du héros. Les « observateurs » doivent transmettre les informations à l’administration et veiller au bon déroulement du « destin ». Enfin, le Roi du Mal, désigné du jour au lendemain parmi les habitants, n’a d’autres choix que d’abandonner les desseins de son rôle antérieur et d’instaurer le chaos. Cette société régie en tout point par une organisation mystérieuse, témoigne d’un manque de liberté empêchant à ses habitants d’accéder au bonheur. Les quelques passages où les personnages s’écartent un laps de temps de leur rôle, où ils font preuve de faiblesses dans leurs convictions et se révoltent intérieurement contre leur « destin » reflètent le désordre et l’échec d’un tel système.

Outre la notion de liberté, ce titre vous invitera également à vous interroger sur la force d’un groupe. Tolza est un « exterminateur » à qui on a recommandé de s’entourer d’un maximum de compagnons, mais ce dernier sélectionne judicieusement ceux-ci, en privilégiant les fonctions et les qualités de chacun à la quantité de personnes recrutées. La véritable force d’un groupe ne réside pas dans le nombre qui le compose mais dans sa cohésion et son efficacité.

Enfin, dernier sujet abordé par ce titre : le sacrifice « nécessaire » pour s’assurer la victoire. Distopiary vous troublera et vous suggérera de réfléchir au bien-fondé de cette pensée, qui amène inéluctablement à des conflits et des soulèvements. Cette réflexion sera d’ailleurs initiée par l’un des « exterminateurs » qui semble plus lucide que les autres et en possession de toute sa raison. Celui-ci soulève pourtant quelques soupçons et suscite notre intérêt car il semble étrangement être le seul à contrer son « destin ».

Avec son scénario semblant déjà bien maîtrisé au terme de ses deux premiers tomes, son univers sombre et malsain, ses personnages caractéristiques et maltraités ainsi que son dessin original et attrayant, Distopiary créée déjà une intrigue captivante au suspense permanent. De nombreuses interrogations nous assaillent concernant l’administration de cet univers, les motivations des responsables, la santé d’esprit de chacun des personnages et sur le devenir de cette histoire. Affaire à suivre !

 


 

Titre
Vertical

岳 みんなの山

Chronique
Série complète
Editeur FR : Glénat Manga

JP : Shôgakukan

Première publication FR : 28/08/2013

JP : 26/04/2005

Auteur Shin’Ichi ISHIZUKA
Type
Seinen
Rédacteur ALeX’
Synopsis de la série (éditeur) :
Sanpô Shimazaki est un amoureux de la montagne. Il lui consacre toute sa vie, et a choisi de résider dans les Alpes japonaises. Considéré comme un grand spécialiste des sommets, il est engagé en tant que secouriste volontaire, pour aller sauver les promeneurs imprudents, les skieurs en danger, les alpinistes inconscients. Car si Sanpo aime la montagne et la connaît parfaitement, il sait aussi quels innombrables dangers elle recèle… et toutes les méthodes pour y survivre dans des conditions toujours plus dantesques !

L’avis de Kazune :

Les japonais ont l’art et le talent, d’aborder dans leurs mangas, des sujets inattendus. On se souvient des Gouttes de Dieu sur l’oenologie. Ils savent, avec génie, nous faire vibrer, nous émouvoir d’histoires simples, sans fioritures. Vertical est l’une de ces histoires : celles qui vous font vibrer pour peu qu’on sache apprécier et humer la beauté de l’ordinaire. Ce manga décrit à la perfection le quotidien de Sanpô Shimazaki, notre héros (dans le sens le plus noble du terme) : un jeune homme, secouriste volontaire.

 

verticalscan1Le propos de Shin’Ichi ISHIZUKA, l’auteur, est toujours précis et juste : il est lui même alpiniste. Il n’aurait donc pas pu y avoir plus approprié pour donner vie à ce titre en 18 tomes. Les somptueux dessins des paysages rendent honneur aux hauts sommets, et le character design n’est pas en reste ! On aime le réalisme de ces personnages, tant dans leurs traits que dans leur caractère.
Il y a énormément de pudeur dans la narration de Shin’Ichi ISHIZUKA, une délicatesse de poudreuse qui sait dire sans grandiloquence.
Vertical est également un manga ancré dans la réalité : des flocons de vie, souvent dramatiques. Les accidents sont légions dans ce milieu très hostile, et Sanpô est là pour aider qui doit être secouru.
Détail amusant et notable, Vertical n’est pas divisé en chapitres mais en relais : l’atmosphère des hauts sommets nous a donc happé jusqu’aux pages du titre.

 

Le leitmotiv de cette série, résolument humaniste, réside dans une petite phrase que Sanpô prononce souvent : « Vous avez été très courageux ». Le courage ! C’est exactement dans ce mot salutaire que réside une partie de la beauté de ce titre. Cette phrase, Sanpô la murmure à ces victimes en détresse, afin de les encourager à tenir bon jusqu’à la survie, ou, afin de les apaiser avant leur dernier souffle.
Sanpô pourra également vous paraître inconscient, mais ne vous fiez pas à cette impression. Point d’inconscience ! Il s’agit de sa passion dévorante et émerveillée pour ces montagnes. Un regard d’enfant pour cet homme formidable.

 

verticalscan2Le courage, l’humanisme, la passion, sont donc les maîtres mots de ce manga.
Cependant, il y a aussi l’humilité. L’humilité de Sanpô vous touchera : c’est un don nécessaire et salutaire, face à la montagne toute puissante. Sanpô a une relation fusionnelle avec la montagne, mais il aime aussi les gens, et cela se ressent immédiatement. C’est cette passion sans borne, à laquelle je faisais référence plus avant, son sérieux sans faille, et son amour des autres, qui font de lui le meilleur secouriste. Je vous fais l’éloge de ce personnage au cœur aussi vaste que les sommets qu’il parcourt, mais aussi vrai que chaque vie compte, chaque histoire secondaire est touchante. Je parle là des flocons de vies que j’évoquais plus haut et qui défilent sous vos yeux. Chaque personnage a une bonne raison de partir à l’aventure, et c’est cela aussi que vous allez aimer lire.

 

La richesse de Vertical, c’est enfin des descriptions précises et justes dans toutes les techniques d’escalade et les matériels, qui jalonnent le récit. Elles offrent une précieuse crédibilité à ce titre. Quoi de plus normal quand on sait que l’auteur est lui même alpiniste ?

 

En 2008, Vertical a obtenu le Grand Prix du Manga Taisho Award et l’année suivante il a raflé le très mérité Shôgakukan Manga Award. Il a également donné lieu a une adaptation en film live en 2011 au japon.

 

Avec Sanpô le vertueux, Vertical est un titre vertigineux et optimiste !

 

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À propos Neginator

Administrateur et Président de MangAnime - Association.

1 commentaire

  1. Pourquoi quand je vois la couverture de Distopiary je pense à D.Gray-Man xD

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