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L’interview d’@ANIME par et pour les fans !

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Nous allons commencer avec une question récurrente mais basique, celle-ci concerne votre nom, comment se prononce-t-il : all the anime ? at anime ? animé ? anime ?

Le nom long de notre marque est « All the anime », celui-ci a été choisi par l’équipe écossaise à l’origine de notre label d’édition. Son petit nom ou abréviation est @Anime (prononcé « Atanime »), car @/At renvoie aux initiales the « All The » 😉

Au sein de notre équipe en France, nous disons « At Anime » car plus court et plus facile au quotidien.

 

Parlons un peu de votre fonctionnement, comment procédez-vous pour acquérir une licence ?

Il n’y a pas, comme vous pouvez l’imaginer, UNE méthode. Cela dépend évidemment de la licence. Pour faire simple, distinguons-en deux : les licences fraîches, issues du simulcast, dont l’acquisition est rendue de plus en plus compliquée par l’absence d’éléments probants (trailers, story-board, etc) qui pourraient aider à évaluer plus précisément le titre en cours de production et de diffusion. Cela relève vraiment du repérage éditorial en se basant sur des critères tels que : les membres de l’équipe de production, le studio, les éléments du scénario, le chara-design, etc.

Le second, les titres qui ont été déjà exploités et dont nous avons un premier recul sur leurs capacités à trouver leur public. Nous pouvons également compter sur l’expertise de Cedric (plus de vingt ans dans le secteur) et ses bonnes relations avec le Japon qui nous permettent de rééditer des titres rares, véritables perles, comme pour n’en citer qu’un : « Les ailes d’Honnêamise ».

 

Quels ont été à l’heure actuelle, les titres forts de votre catalogue et ceux qui au contraire le sont moins ? Regrettez-vous ces sorties ?

Notre catalogue est encore très jeune pour tirer des conclusions définitives. L’Attaque des Titans et Sword Art Online sont nos titres forts. Nous aurions espéré un meilleur accueil en France sur les titres suivants : Space Dandy, Kill la Kill. Néanmoins, nous préférons prendre des risques sur des animés qualitatifs, quitte à avoir des ventes moyennes, que de passer à côté (car nous aussi sommes des passionnés !).

 

L’année 2015 touche bientôt à sa fin, qu’envisagez-vous pour l’an prochain ?

Nous allons faire de belles éditions pour les animés qui ont été découverts cette année : Gate, Ghost in the Shell, les films du Project Itoh, etc. Ainsi que persévérer sur des sorties de titres plus pointus, clairement orientés « niche ».

Gate150-2© Yanai Takumi / AlphaPolis / Gate Production Committee

Comptez-vous rajouter des goodies en plus sur vos collectors, comme ce qu’on peut trouver aux US, comme des artbooks, des interviews, des cartes, etc… ?

Dans quasiment toutes nos éditions, nous avons soit des artbooks, des livrets incluant des croquis, story-board et interviews, des cartes postales, et même parfois tout cela en même temps. Parmi les principales contraintes de la sélection des goodies à inclure dans nos éditions, il y a les difficultés liées au packaging (faire tenir des objets est parfois difficile et couteux), de logistique ou encore la nécessité de contenter tous types de personnes (par exemple dans le cas d’un t-shirt : homme/femme, taille, etc), et de rester qualitatif.

Au niveau des bonus vidéo par contre nous sommes complètement dépendants des ayants droits du Japon. Nous nous efforçons d’en obtenir un maximum pour combler vos attentes.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre politique de prix ? Beaucoup de monde trouve que vos prix sont onéreux par rapport aux autres distributeurs physiques.

Oui, nous sommes légèrement dans la partie haute de la gamme de prix du marché actuel. Pourquoi ? Une licence coûte cher, et nous mettons des années avant de la rentabiliser. Malheureusement, cela est une réalité du marché.

Comme les licences représentent un investissement important, nous sommes obligés de commercialiser des produits un peu plus chers, mais nous nous efforçons de faire des éditions de qualité pour que nos clients en aient pour leur argent. Cela nous le gardons bien en tête.

Aussi, il faut s’éloigner de l’image que l’éditeur s’en met « plein les poches » comme nous pouvons parfois le lire sur les réseaux sociaux. Permettez-nous de rappeler succinctement les composantes du prix public généralement constaté : TVA + marge revendeur + marge distributeur + production audiovisuelle + licence et autres prestataires intervenants (traducteurs, graphistes, monteurs).

Mettre l’accent sur la qualité est une composante de notre stratégie. Cela passe, par exemple, par rajouter un disque supplémentaire pour gagner en qualité d’image vidéo par exemple.

 

Serait-il possible d’avoir des visuels de vos coffrets plus complets surtout quand il y a un digipack ?

Cela est possible. Nous allons y penser pour nos prochains projets.

 

Quand ouvrira votre site web ?

Début novembre au plus tard.

 

Pourquoi avoir des formats de coffrets aussi peu similaires entre chaque série ou même parfois pour une même série (cf. Les films Madoka) ?

Pour être honnête, pour Madoka, il s’agit d’un projet spécial. Pour faire un meilleur produit pour le film 3, nous avons fait une coproduction avec l’Italie. Nous avons donc dû nous baser sur un format commun pour les deux pays,  qui malheureusement fut un peu différent du 1er coffret. Mais au vu de la qualité du packaging nous avons accepté exceptionnellement de changer de format. Effectivement, c’est un peu dommage et nous le regrettons !

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Pour les autres titres, nous partons du principe que nos clients n’achètent pas toutes nos éditions, mais seulement les licences qu’ils aiment le plus. Par exemple, nos éditions Tokyo Ghoul sont différentes de Cobra, ou encore Space Dandy par rapport à Madoka. Pour nous l’important n’est pas l’effet « collection » mais de représenter l’univers de la licence en question. Chaque série étant différente, il ne nous semble pas obligatoire de faire la même chose pour tout.

 

Pourquoi avoir utilisé un logo aussi énorme sur le dos des coffrets au dessus d’une grande bande colorée très peu esthétique et limite agressive pour l’œil, en comparaison des autres éditeurs qui ont apposé plus discrètement leurs marques ?

Il est difficile d’apporter une réponse claire. Les goûts et les couleurs … Néanmoins nous accueillons toujours les avis, et acceptons les remarques.

De facto, vous pourrez remarquer que nous avons déjà un peu fait évoluer nos packaging depuis le lancement de notre catalogue. Surtout la face avant ou nous avons enlevé les bandes de couleurs et logo. Il est difficile d’évaluer l’impact d’une charte graphique au bout de quelques mois. Nous fêtons nos 1 ans et demi depuis peu et sommes ouverts au changement !

 

Allez-vous sortir un peu plus des licences (récentes) proposées en simulcast sur d’autres plateformes que Wakanim ?

Nos licences ne sont pas toutes forcément sur Wakanim, par exemple Gangsta est sur Crunchyroll…

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Concernant le festival Paris Loves Anime dont vous êtes les organisateurs en partenariat avec Le Grand Rex, pensez-vous prochainement commencer à l’étendre à d’autres grandes villes de France ou le succès sur Paris n’est pas suffisant pour ouvrir le projet au delà de la capitale ?

Oui, nous cherchons activement à exporter le festival dans d’autres villes. Nous sommes actuellement à la recherche de partenaires locaux (et motivés !).

D’ailleurs, toute proposition est bienvenue !

 

Seriez-vous prêt à sortir des séries anciennes et inconnues/inédites en France ?

Anciennes et inconnues … honnêtement cela va être difficile !
Nous préférons concentrer nos prochains efforts sur les séries qui ont une certaine notoriété ou qui représentent un potentiel inexploité. Aussi les contraintes budgétaires sont à prendre en compte.

 

Est-ce qu’il y aura de nouveaux projets de financement participatif, similaire à ce que fait  l’éditeur Black Box fait actuellement ?

Nous avons déjà fait des projets de financement participatif pour Cat’s eye et Cobra, dans le but que les fans nous soutiennent pour constituer de belles éditions collectors (car cela représente un budget et un risque très important).
Dans l’avenir immédiat, nous n’avons pas de projets à venir.
Néanmoins, nous conservons une bonne expérience du financement participatif, et souhaitons en refaire à l’avenir. Cela nous permet de sonder concrètement l’intérêt du public, de recevoir des avis et remarques très précises lesquelles orientent la définition et l’avancement d’un projet.

 

Dans une interview, le responsable avait dit vouloir faire découvrir des œuvres de qualité mais dont la fanbase n’était pas très importante. Bien que le catalogue comprend pas mal d’initiatives intéressantes, nous aimerions savoir si, à côté des gros succès, l’éditeur compte ou compterait sortir des séries plus underground et originales mais disposant d’un public moins important. Nous pensons à des séries comme l’excellent Ping-Pong diffusé en 2014 (dont il me semble avoir vu une licence anglaise), ou encore la série Natsume Yuujinchou.

Ces deux séries ne sont pas prévues pour le moment à rejoindre notre catalogue.
Dans notre catalogue, vous trouvez déjà des titres moins connus mais de qualité que nous cherchons à présenter au public : Fuse, Samurai Flamenco, Afterschool Midghniters… Ce sont des œuvres qui nous plaisent éditorialement et sur lesquelles nous nous engageons.

 

Est-ce que les films Hakuoki sont toujours prévus ? Seriez-vous intéressés par Shin sekai yori qui mérite de sortir en France ?

Oui ! Nous sortons les films 1& 2 au premier trimestre 2016 en édition Collector ! Shin sekai yori n’est pas dans nos plans pour le moment, mais cela ne dénigre évidemment pas pour autant la qualité de cette œuvre !

 

Votre nom d’éditeur est All the Anime, littéralement « tous les animes ». A l’heure actuelle, vous ne sortez que des titres récemment diffusés en simulcast (tant mieux) ou des titres beaucoup plus vieux (plus dans le vintage). Pouvons-nous espérer voir des titres sortis dans les années 2009 à 2013 ?

Oui, les films de Hakuoki par exemple. Si dans l’avenir proche nous avons l’opportunité d’acquérir de nouveaux titres de cette période-là, nous le ferons.  A l’heure actuelle, nous nous orientons sur les titres plus contemporains notamment pour des contraintes budgétaires et d’opportunités d’acquisition.

 

Une Possibilité de sortie des séries Drama, voir des Toku ? (Genre : Kamen rider, Garo, etc).

Les drama japonais sont très difficiles à exporter du Japon pour des raisons de droits. Il existe déjà des acteurs présents sur les productions coréennes en France. Nous vous rappelons que nous sommes « All the Anime » 😉 . Nous souhaitons nous consolider et devenir un label solide avant d’envisager de nous diversifier.

 

Verrons-nous un jour du Gundam sous votre label ?

Nous adorons Gundam ! C’est une licence « compliquée ». Nos collègues écossais ont ouvert la voie récemment. Si les choses évoluent vers une actualité française, vous en entendrez bien évidemment parler.

 

Outre la saga Gundam, seriez-vous intéressé par des titres tels que :

– Gate : nous ne l’avons pas encore annoncé, mais oui 😉

– Seirei no Moribito : non

– Silver spoon : nous n’avons pas pu avoir les droits

– Ghost in the shell: stand alone complex blu-ray : oui nous sommes intéressé par cette licence

– Gintama : droits pris chez nos concurrents

– Bartender : sujet un peu trop délicat

– Uchuu Kyoudai : déjà acquis par un autre éditeur

– Slam dunk : on aimerait bien

 

Serait-il possible de sortir des animes en partenariat avec les éditeurs japonais (même si le prix risque d’être élevé) afin de pouvoir avoir des éditions similaires aux leurs ce qui pourrait être sympa, avec juste des sous-titres FR en plus ?

L’idée est bonne. Opérationnellement, ce n’est pas toujours possible pour plusieurs raisons :

Les ayants droits japonais ne sont pas forcément des éditeurs DVD.

Sur le marché français, il est difficile de mettre en vente des séries qui ne sont que sous-titrées. Il faut une version doublée.
Nous savons bien que nous nous adressons à vous, par l’intermédiaire de l’association MangAnime, qui êtes de vrais fans qui regardent en VOST.
Le « grand public » constitue une part importante de nos clients, laquelle doit logiquement recevoir également toute notre considération.

Il est difficile pour le Japon de travailler sur leurs propres sorties et de dégager du temps en simultané pour pourvoir aux nôtres. C’est aussi un désir de leur part de privilégier le public japonais. Bien souvent, nous sommes contractuellement tenu de patienter plusieurs mois avant de pouvoir sortir nos éditions sur le marché…

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